Homélie 03 avril 2020 – 5e vendredi de Carême

Chers frères et sœurs,
Pourquoi les juifs veulent-ils de nouveau lapider Jésus ? Pour connaitre la réponse, il faut lire le verset qui est juste avant le début du passage d’évangile que nous venons d’entendre. Juste avant, Jésus conclut un discours en affirmant : « Le Père et moi, nous sommes Un ». Cette phrase est pour nous magnifique, elle concentre une affirmation majeure de notre foi : Jésus est Dieu, en lui, l’humanité et la divinité se trouve réconciliées, elles communient et s’unissent. Ce qui est merveilleux pour nous est insupportable pour les autorités juives de l’époque – un homme qui se prétend être Dieu, c’est un blasphème.
Le véritable obstacle à la foi en Jésus Fils de Dieu, ce n’est pas que cela soit un blasphème, Jésus montre que dans l’Ecriture même, les hommes sont déjà désignés comme étant des dieux. Le principal obstacle, c’est le péché de l’homme qui lui ferme les yeux. Face à l’évidence, face aux œuvres que le Christ réalise et qui témoignent de manière éclatante qu’il est l’Envoyé de Dieu, qu’il réalise l’œuvre de Dieu – ce qui empêche les autorités juives de croire - c’est le péché, le refus de conversion. Ce refus obstiné de l’homme, ce rejet de Dieu qui se fait proche conduira Jésus à subir sa Passion et sa mort en croix. La croix est l’œuvre du manque de conversion de l’homme.
La conversion, la reconnaissance de nos manquements, de nos fautes est nécessaire à la foi en Jésus Fils de Dieu. Après ce conflit, Jésus retourne au bord du Jourdain, où Jean prépare sa venue par un baptême de conversion. Les autorités juives n’ont pas accueilli le baptême de conversion de Jean, ils ne peuvent pas accueillir la révélation de Dieu en Jésus. A l’inverse, ceux qui ont écouté Jean le Baptiste, ceux qui ont vécu son baptême de conversion sont disponibles pour accueillir Jésus, c’est ce que nous voyons à la fin de ce passage « et là beaucoup crurent en lui ».
Nous, de qui sommes-nous les plus proches en ces derniers jours de carême ? Des autorités ou des gens simples des bords du Jourdain ? Sommes-nous toujours les mêmes, sans désir de conversion, sans désir de Dieu ? Ou bien, par le chemin de l’humilité et de la conversion, avons-nous redécouvert le véritable visage de Dieu ? Notre désir de Dieu a-t-il grandit ?