Homélie du mercredi 29 avril par le P. Laurent

Chers frères et sœurs,

En lisant les lignes des actes des apôtres, je suis frappé par un grand contraste qui rejoint notre actualité.

L’Église de Jérusalem est profondément meurtrie par la mort d’Étienne et par les persécutions qui suivirent et, paradoxalement, « beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs », « beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris ». D’un côté le « grand deuil », de l’autre côté « une grande joie » ! Le sang des martyrs provoque une fécondité étonnante ! L’Église, conduite par l’Esprit du Seigneur, sort finalement toujours triomphante malgré des contextes d’épreuves difficiles. L’expérience des premiers chrétiens nous montre combien d’un mal peut sortir un bien ! Dieu n’abandonne jamais son peuple !
 
Dans le contexte que nous vivons aujourd’hui, nous ne sommes pas persécutés physiquement, mais nous ressentons en nos cœurs une pression d’une laïcité mal placée qui nous fait souffrir. Ne pas pouvoir aller à la messe est une vraie souffrance. Nous pouvons alors avoir une réaction légitime de nous présenter comme des victimes. Attention à cet écueil ! Le chrétien ne témoigne pas parce qu’il est une victime, il témoigne parce qu’il offre sa vie comme Étienne. 
 
Nous devons alors voir dans cette épreuve que nous traversons, quels sont les signes de délivrance et de guérison. Nous le sentons bien, ce moment si particulier que nous vivons de ne pas pouvoir célébrer notre Dieu dans le sacrement de l’Eucharistie, se révèle chaque jour un peu plus dans le sacrement du frère.

Paradoxalement, ce temps d’éloignement eucharistique, nous provoque à l’attention envers les plus pauvres, envers les plus loin de la communauté chrétienne parce qu’ils ne peuvent même pas se connecter. 

Laissons-nous encore bousculer ! Aiguisons notre regard ! Autour de nous des gens ont besoin de nous ! Le temps qui s’impose à nous est long, mais il doit nous rapprocher en tant que communauté chrétienne !
 
Alors prions, pour qu’au milieu de cette épreuve que nous traversons, nous puissions dire finalement comme les premiers chrétiens : « Il y eut dans cette ville une grande joie ! »
 
Amen

Retrouvez la vidéo de la messe du jour ici