VEILLEE DE PRIERE DIOCESAINE POUR LES VOCATIONS DU 2 MAI 2020

COMMENTAIRE DE L’EVANGILE SELON ST JEAN (JN 10,1-10)
PAR MGR LAURENT LE BOULC’H
LORS DE LA VEILLEE DE PRIERE DIOCESAINE POUR LES VOCATIONS
DU 2 MAI 2020

« Moi, je suis la porte des brebis », dit Jésus dans l’évangile.
Jésus est notre porte. Mais, la porte qu’est Jésus dans l’évangile est un peu étrange. Car, dans la parabole que nous venons d’entendre, la porte n’est jamais fermée. Elle est toujours grande ouverte. C’est une porte sans verrou. Et c’est pourquoi, les brebis peuvent aller et venir librement. Elles sont libres d’entrer et de sortir en passant par la porte. Les brebis qui passent la porte qu’est Jésus sont donc extraordinairement libres. A aucun moment, elles ne sont obligées de rester enfermées ou de demeurer dehors. Elles vont et viennent librement.
La parabole nous dit aussi que ces brebis reçoivent la vie. « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, et la vie en abondance. » déclare Jésus. Ces brebis sont donc étonnamment libres, et pleines de vie. Elles reçoivent la liberté et la vie en abondance !
Mais, pour que les brebis deviennent libres et pleines de vie, il faut d’abord qu’elles écoutent la voix du berger. C’est pourquoi, dans cet évangile, l’image du berger précède celle de la porte. La brebis qui veut passer la porte doit d’abord avoir répondu à l’appel de son nom par le berger. « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir » dit Jésus.
Ainsi donc, nous dit saint Jean, pour que les brebis deviennent libres et débordantes de vie, il faut d’abord qu’elles aient répondu à la voix du berger qui les appelle chacune par leur nom.
Répondre à la voix du berger, c’est cela que l’Église appelle une vocation. Le verbe latin Vocare se traduit par Appeler.
Vous l’avez bien entendu, l’appel du berger concerne chaque brebis. Il les appelle chacune par son nom, dit l’évangile. Autrement dit, chacun de nous reçoit une vocation. Chacun est appelé à vivre l’appel de son baptême qui fait de lui un disciple-missionnaire de Jésus. Cette vocation du baptême est première, et elle nous est commune. Evêque, prêtres, diacres, religieux ou consacrées, ou engagés dans le mariage, nous sommes d’abord des baptisés appelés à suivre Jésus. Et, les vocations particulières sont données à l’Église pour qu’elle rayonne du Christ dans le témoignage de tous les baptisés.
Mes amis, l’évangile nous appelle donc à répondre sans aucune crainte, en toute confiance, à notre vocation. Il nous dit même que répondre à l’appel de la vocation, c’est le chemin pour devenir des êtres libres et remplis de vie, comme ces brebis qui vont et viennent librement et qui reçoivent la vie en surabondance.
Cela peut résonner étrangement à nos oreilles parce que ce n’est pas là l’idée que s’en font beaucoup de nos contemporains. Ils s’imaginent souvent, au contraire, que s’engager dans une vocation, celle de baptisé, et plus encore, celle de moine, de religieux, consacrées, de prêtres ou d’époux, épouse dans le mariage, c’est passer à côté de la liberté et de la plénitude de la vie !
Or, frères et soeurs, l’Évangile nous dit absolument l’inverse. Et nous connaissons sûrement, les uns et les autres, des témoins de cela. Des hommes et des femmes qui, parce qu’ils ont pris au sérieux leurs vocations de baptisés, ou parce qu’ils ont répondu à l’appel d’une vocation particulière, passant par la porte de Jésus, rayonnent de liberté et de vie dans l’Esprit Saint. Cela ne veut pas dire que leurs existences soient plus faciles. Peut-être même sont-elles plus exigeantes à vivre dans la fidélité à l’appel dans les joies et les peines, et cependant elles respirent d’une liberté intérieure et de la vie donnée par amour, qui sont les dons de l’Esprit Saint.
Mais, il y a une condition pour vivre cela, nous dit l’Évangile. Une condition incontournable. Il faut d’abord écouter l’appel du berger. L’écouter profondément et lui répondre. « Connaître sa voix » dit la parabole de Jésus. Et le suivre, Lui qui marche en tête, qui passe avant nous et avec nous le chemin.
Frères et soeurs, entrer dans une vocation qui soit source de liberté et de vie, c’est d’abord connaître et écouter la voix de Jésus. Ce n’est pas là quelque chose de simple parce qu’il faut discerner la voix du berger au milieu de tant d’autres voix. Vérifier que la voix que nous entendons, c’est bien celle de Jésus et pas d’un autre. C’est difficile parce que la voix du berger ne tombe pas du ciel, elle passe par les mots des hommes.
L’écoute de la voix de Jésus passe alors par la familiarité avec la Parole de l’Evangile. Elle est écoute de la Parole de Dieu, dans la prière de l’Église, puisque c’est là que Jésus a choisi de se dire d’une manière privilégiée. Elle se vit avec l’aide de frères et de soeurs, des pasteurs, qui ont reçu de l’Esprit Saint et de l’Eglise le don du discernement.
Cher jeune, toi qui, au commencement de ta vie d’adulte, désire tant connaître la vraie liberté et la plénitude de la vie, je t’encourage, ce soir, à suivre le chemin de Jésus, le bon berger, en apprenant à écouter sa voix. Grâce au discernement et à la prière de l’Église, écoute ce à quoi le Seigneur t’appelle. Passe la porte avec Lui ! N’aie pas peur ! Il n’est pas un bandit qui vole la vie de ses brebis, bien au contraire, Jésus est la porte et le berger qui donne sa vie à ses brebis : « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ».
Ne crains pas de lui donner ta vie !
Amen