Homélie du samedi 2 mai - 3e samedi du Temps Pascal par le P. Adrien

Homélie 02 Mai 2020 – 3e Samedi Temps Pascal 
 
Chers frères et sœurs,

« Voulez-vous partir vous aussi ? ». A la fin du discours sur le pain de vie, que nous entendons depuis plusieurs jours, où Jésus affirme qu’il est lui-même ce pain de vie, ce don de Dieu qui donne la vie éternelle, « beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner », car sa parole est rude et difficile à croire.

Effectivement, il est difficile à croire que Jésus, l’Envoyé de Dieu, puisse se donner lui-même au point de se faire nourriture ; il est difficile à croire que Dieu veuille se faire si proche de nous qu’il va jusqu’à se faire manger par nous ; il est difficile à croire que l’Incarnation aille jusqu’à cette intégration en nous même, car lorsque nous communions, lorsque nous recevons l’eucharistie, c’est cela qui se passe, Dieu vient en nous, il s’unit à nous et nous devenons véritablement un avec lui. C’est le principe de la digestion, ou plutôt de l’assimilation. Dieu nous aime au point de venir s’incorporer à nous, il vient se fondre en nous, il redevient constitutif de notre être. Dieu vient nous recréer de l’intérieur, il vient nous restaurer du dedans en se faisant réellement nourriture. C’est difficile à croire. Cela l’était pour les premiers disciples, ça l’a été tout au long de l’histoire, certaines Eglises chrétiennes l’ont même délaissé, ça peut être difficile pour nous et pour bon nombre de nos frères et sœurs dans la foi.

Ce temps de privation peut réveiller chez nous la foi en l’eucharistie, comme Simon Pierre, ce temps peut nous faire crier à nouveau « à qui irions-nous Seigneur ? Tu es le Saint de Dieu ! ». Mais pour d’autre, ce temps peut être celui de l’épreuve, celui du doute, celui de l’indifférence. Ceux qui pouvaient vivre l’eucharistie de manière machinale, habituelle, sans véritable foi, peuvent ne pas ressentir de manque et donc se dire qu’en fait, l’eucharistie, ce n’est pas si important que cela. Certains d’entre nous seront peut-être tentés de se détacher de l’Eglise, de la pratique dominicale, certains ne sentant pas le Christ présent à leur côté se laisseront peut-être aller ailleurs et cesseront eux aussi, de suivre Jésus et de l’accompagner. Ne jugeons pas, prions pour eux, il nous faudra montrer encore plus de charité envers eux. Que notre foi en l’eucharistie s’exprime aussi par notre attention et notre charité envers ceux qui n’ont pas cette foi si vive.

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