Homélie du mardi 28 avril par le P. Adrien

Chers frères et sœurs,

Il semblerait que l’Évangile s’amuse à nous narguer car nous avons appris aujourd’hui qu’il sera sans doute difficile de nous retrouver pour célébrer ensemble l’Eucharistie avant le 2 juin. Il va sans doute nous être difficile de nous retrouver pour communier et voilà que l’Évangile nous parle de Jésus qui est le Pain de Vie. Effectivement, cette séparation, cette absence de participation réelle à l’Eucharistie est une souffrance, ou elle devrait être une souffrance, car le Christ est réellement le Pain de Vie, c’est-à-dire qu’il est réellement ce qui nous fait vivre, il nous est réellement nécessaire et vital pour notre vie d’homme et de femme. Communier en tant que chrétiens, c’est plus important que bien d’autres choses. Cela nous est réellement nécessaire et vital. Beaucoup de personnes peuvent ne pas comprendre cela.

Pour un chrétien, être privé de la messe, ce n’est pas la même chose que d’être privé de cinéma pour un cinéphile. Pour nous, c’est réellement nécessaire. L’eucharistie nous est vraiment nécessaire. Si aujourd’hui, on en est privés, si aujourd’hui, tant de personnes ne comprennent pas que pour nous, c’est une souffrance de ne pas pouvoir communier, c’est peut-être parce que bien souvent, on a pu venir à ce Sacrement sans y apporter toute l’importance qu’il a.

En tant que fidèle, même en tant que prêtre, il peut nous arriver de célébrer ou de communier sans être réellement attentif à ce grand don qu’est l’eucharistie. Ce temps de privation peut servir à creuser en nous ce désir pour y revenir de manière encore plus belle et renouvelée. Cette privation est peut-être aussi pour nous l’occasion de grandir en compassion et en attention vis-à-vis de ceux qui en sont privés depuis de nombreux mois, de nombreuses années à cause de leur santé, ou de leur âge. Grand nombre de paroissiens, en vieillissant, avec une santé plus fragile, ne peuvent plus se rendre à l’eucharistie. Et bien souvent, il faut le reconnaitre, on les a nous-mêmes oubliés. On les a laissés s’éloigner et on ne s’est pas occupés d’eux. On n’a pas eu le souci de leur apporter ce Pain de Vie, de leur apporter la Communion.

Que cette privation nous fasse grandir dans cette attention et dans ce souci de ces personnes-là. Quand les temps redeviendront normaux, ayant nous-mêmes fait l’expérience de ce manque, que nous soyons plus attentifs à ceux qui le vivent. Qu’ainsi nous puissions être plus nombreux à se proposer pour aller porter la Communion à ceux qui ne peuvent plus sortir de chez eux.

Demandons à la Vierge Marie de nous aider à grandir dans cet amour de l’Eucharistie et dans cette attention délicate à tous ceux qui ne peuvent pas, même en temps ordinaire, nous rejoindre pour célébrer l’Eucharistie.

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