Homélie du mercredi 22 avril – 2e mercredi du Temps Pascal par le P. Adrien

Chers frères et sœurs,

L’Évangile d’aujourd’hui parle du jugement... C’est une question qui s’est beaucoup posée durant des siècles dans l’Église, et que nombre de chrétiens se sont posés surtout en sentant leur mort approcher ? Y a-t-il un jugement au moment de notre mort ? Y-a-t-il un jugement final ? Dois-je en avoir peur ? Je me souviens d’une phrase marquée sur un des murs de la salle de couture chez les petites sœurs des Pauvres « Dieu te voit, Dieu t’entend, Dieu te jugera »... Pas très engageant, et on sent bien que ce n’est pas là l’image du Dieu Bon, Miséricordieux dont nous avons l’habitude. Nos ancêtres avaient-ils tort ? Et nous, avons-nous raison de ne plus nous soucier du jugement ?

Les deux sont dans l’erreur. Se représenter Dieu comme un juge humain impitoyable, qui scrute le moindre faux pas pour nous en faire remontrance et pour exercer sa colère, ce n’est pas juste, car Dieu n’est pas ainsi. Mais à l’inverse, faire de Dieu une mamie guimauve qui fait semblant de ne pas voir toutes nos bêtises pour ne pas nous gronder et nous chagriner, se dire « ce n’est pas grave, Dieu est Bon », ce n’est pas juste non plus. Le problème, c’est que dans les deux cas, nous avons une mauvaise compréhension du jugement et du juge.
« Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui, le monde soit sauvé ». Qu’est-ce que ça veut dire ? La réponse est assez simple – Jésus, c’est Dieu qui vient dans le monde pour sauver le monde, il vient rendre possible l’union avec Dieu, c’est cela le salut. Jésus, ce n’est pas Dieu qui vient dire « toi oui, toi non », ce n’est pas Dieu qui vient juger pour dire qui est sauvé et qui ne l’est pas. Jésus, c’est Dieu qui offre son salut, c’est Dieu qui ouvre son cœur.

Le jugement, c’est la réponse que nous apportons à cela. Si j’accueille le Christ, si j’entre dans cette communion que Dieu propose, alors j’entre dans le salut. Si à l’inverse, je rejette Dieu, alors je me condamne moi-même. Le jugement est dans le choix que je suis obligé de poser face au Christ qui me révèle Dieu. Ce choix ne se fait pas une fois à un moment et puis c’est bon pour toujours. Non, c’est dans chaque chose de notre vie, de notre quotidien, c’est dans tous nos petits choix (parole que je vais dire, le geste que je vais faire...) que nous choisissons ou que nous rejetons Dieu... et tous ces petits choix fondent le choix définitif que nous ferons au moment de notre mort, au moment du jugement, là où l’on décidera d’entrer en Dieu pour toujours ou de le rejeter pour toujours.

Oui, il y a un jugement, il se fait au quotidien par les choix que nous-même nous posons. Les actes que nous posons aujourd’hui construisent notre éternité de demain. C’est aujourd’hui qu’il nous faut vivre dans la vérité et la lumière, c’est dès aujourd’hui qu’il nous faut vivre en fils et fille de Dieu, c’est aujourd’hui qu’il nous faut vivre en ressuscité.

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