Homélie du dimanche des Rameaux par le P. Adrien

Chers frères et sœurs,
A quel prix Jésus a-t-il été livré ? A combien les autorités juives ont-elles acheté Jésus ? Jésus a été vendu pour trente pièces d’argent... ce n’est pas une grosse somme. Savez-vous ce que l’on pouvait acheter avec trente pièces d’argent ?... Bien des choses, mais c’était le prix fixé pour l’achat d’un esclave. Jésus est vendu au prix d’un esclave, Jésus ne vaut pas plus qu’un esclave, il va être traité comme un esclave, il va mourir comme un esclave.
Ce petit détail révèle l’identité profonde de Jésus, car Jésus est véritablement un esclave, ou plutôt Jésus est véritablement le Serviteur. Il est le Serviteur de l’amour de Dieu, en lui c’est l’amour de Dieu qui se livre pour le service des hommes. Jésus, c’est Dieu qui vient servir l’homme pour libérer l’homme de l’esclavage du péché et du mal. Tout au long de sa vie terrestre, Jésus n’a cessé d’être au service de la libération de l’homme. Sa Passion est l’aboutissement de son service.
Dans sa Passion, Jésus nous libère du péché qui nous ronge et nous enferme sur nous-même, car lors de sa Passion, face à la haine, la violence, le mépris, le rejet... Jésus continue à aimer, il pardonne à ses bourreaux, il nous dit, peu importe le mal que vous pouvez faire, mon amour et mon pardon sont plus grands, il est toujours possible de revenir à moi. En acceptant sa Passion, Jésus est véritablement l’esclave des autorités juives, car en elles, il réalise leur propre salut, en elles, il réalise le rachat de leur faute.
Dans sa Passion, Jésus nous libère aussi de l’esclavage du mal que l’on peut subir, il se fait proche de toutes les souffrances. La souffrance, le mal subis ne sont pas inconnus de Dieu, en elles nous pouvons le rencontrer, il ne nous laisse pas seul. A travers sa Passion Dieu nous dit « la trahison, je connais ; l’abandon, je connais ; l’injustice, je connais ; la violence, je connais ; la persécution, le mépris, le rejet, je connais ; la souffrance physique, la souffrance du cœur, je connais ; le sentiment de vide, d’abandon de Dieu, je connais... ». Dans toutes nos expériences du mal, Dieu ne nous abandonne pas, il connait et il y est présent. Il n’y a pas de situation que son amour ne puisse atteindre, le mal n’a jamais le dernier mot, il ne peut plus être absolu si on arrive à avoir foi en la présence de Dieu et si l’on arrive à s’unir à sa Passion.
Chers frères et sœurs, depuis notre baptême, nous avons nous aussi été rachetés comme serviteur. Dieu nous a rachetés de l’esclavage du péché et du mal pour que nous devenions des serviteurs de son amour. Aujourd’hui nous n’avons pas de Rameaux pour acclamer le Christ et en orner son passage. Que notre vie, mise au service de Dieu et des autres, soit pour lui notre acclamation et notre manière de lui rende un vrai culte.