Homélie 1er avril 2020 – 5e mercredi de Carême

Chers frères et sœurs,
« La vérité vous rendra libre », on est souvent d’accord sur le principe, mais lorsque l’on se retrouve piégé par nos propres mensonges, lorsque l’on est mis face à nos fautes, à nos erreurs, à notre responsabilité... on a souvent la tentation de ne pas être vrai, la vérité nous semble alors souvent dangereuse. Avouer notre péché, reconnaitre nos fautes, même petites, n’est pas toujours simple. Pourquoi ?
Il y a sans doute plusieurs raison à cela, mais une des raisons principale, c’est que bien souvent nous avons peur de perdre ce qui nous est le plus cher : l’amour de l’autre (si c’est un frère ou une sœur que j’ai blessé), l’amour de Dieu ou même l’amour de soi (qui n’est pas l’orgueil mais la juste estime de soi). Perdre l’amour, cela nous est insupportable pour la simple et bonne raison que nous sommes créés pour cela, pour aimer et pour être aimer. Alors, est-il juste parfois de ne pas dire la vérité pour rester aimable ? Le mensonge peut-il être au service de notre vocation la plus profonde ? Évidemment non, car il ne peut pas y avoir de véritable amour s’il n’y a pas la vérité. Pour aimer véritablement et pour être aimé de manière juste, il nous faut faire l’effort d’être vrai.
Cela peut sembler être un risque, mais si nous avions un peu de foi, nous verrions assez vite qu’il n’y a aucun risque à être vrai, à reconnaitre humblement nos manquements, car celui devant qui nous devons nous montrer tel que nous sommes n’est autre que Dieu, et Dieu est amour. L’amour n’a pas peur de la vérité, Jésus nous invite à nous laisser aimer par lui tel que nous sommes. Et c’est là que nous comprenons que la vérité rend libre. La vraie liberté, c’est celle de se savoir aimé de manière inconditionnelle. Dans ces derniers jours qui nous séparent de la Semaine Sainte, efforçons-nous de nous présenter à Dieu en vérité, reconnaissons devant lui que nous n’avons rien pour mériter son amour, et émerveillons-nous en professant que malgré cela, Dieu nous aime quand même. Dieu nous aime d’un amour libre, c’est cet amour qui nous libère.