homélie de ce 30 mars, 5e lundi de Carême

Chers frères et sœurs,
Les textes d’aujourd’hui nous présentent deux femmes : la première, Suzanne, est une sainte femme, chaste et innocente qui est faussement accusé d’adultère par ses convoiteurs. La seconde dont le nom ne nous est pas connu est une femme pécheresse dont l’adultère est révélé au grand jour. Deux femmes différentes, l’une innocente, l’autre coupable ; une même accusation, l’une fausse l’autre véridique. Ce qui est intéressant c’est que dans les deux cas, Dieu intervient pour sauver l’accusée.
Que Dieu intervienne à travers son prophète Daniel pour sauver l’innocente Suzanne faussement accusée ne nous surprend guère. Mais qu’il traite de la même manière la femme véritablement coupable, voilà qui peut surprendre, surtout pour les hommes de l’époque ! Aujourd’hui, nous sommes un peu accoutumés à la bonté et à la miséricorde de Dieu, sa miséricorde ne nous surprend plus trop, (si Jésus avait dit « oui lapidez la, là, nous serions bien plus surpris et choqués ! »). Dans ces deux textes, nous sont donc donnés de contempler la justice et la miséricorde de Dieu qui témoignent toutes les deux de sa volonté de sauver l’homme, qu’il soit juste ou pécheur, ils témoignent son amour pour le bon et le moins bon, Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive.
Ces deux textes mettent aussi en lumière l’incapacité de l’homme à connaitre le jugement de Dieu. Dans les deux cas, pensant agir selon la volonté de Dieu, ils sont corrigés par Dieu – les premiers font fausse route en condamnant une innocente, les seconds font également fausse route en condamnant une coupable, ce n’est pas ce que Dieu veut. Nous ne sommes pas bon juge. Ces deux textes nous invitent à ne pas juger. Ne nous jugeons pas les uns les autres et ne nous jugeons pas nous-même, laissons cela à Dieu. Durant ce temps de carême, il nous est demandé de concentrer notre regard non pas sur les faits et gestes des autres, ni sur nous-même, mais sur Dieu. Fixons notre regard sur Dieu, c’est en faisant cela que nous aurons de plus en plus la grâce de voir comme lui et d’agir selon sa volonté, d’agir selon sa miséricorde.